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Analyse · Juillet 2026
Marché immobilier en juillet 2026 : quatre régions, quatre rythmes
À Montréal, en Montérégie et dans les Laurentides, l'offre de propriétés augmente pendant que les ventes ralentissent. L'Estrie se distingue avec une activité en forte progression. Malgré ce retour du choix pour les acheteurs, les prix médians résistent dans la plupart des segments.
Vincent ChaputCourtier immobilier et vice-président principal des ventes
Publié le 5 août 2026 · Mis à jour le 5 août 2026
Le marché en un coup d'œil
Les quatre régions ne suivent pas la même trajectoire, mais un signal leur est commun : le nombre de propriétés offertes progresse. Les inscriptions en vigueur augmentent de 15 % en Estrie, de 17 % dans les Laurentides, de 21 % en Montérégie et de 15 % à Montréal par rapport à juillet 2025.
Cette hausse de l'offre ne se traduit pas encore par une baisse générale des prix médians. Le marché absorbe plutôt le changement par un ralentissement du nombre de transactions et, dans certains segments, par des délais de vente plus longs. Pour un vendeur, la justesse du positionnement devient donc plus importante. Pour un acheteur, le contexte offre davantage d'options et plus de temps pour comparer, sans éliminer la concurrence dans les secteurs les plus recherchés.
| Région | Ventes totales | Inscriptions en vigueur | Unifamiliale | Copropriété | Plex |
|---|---|---|---|---|---|
| Estrie | 526 (+16 %) | 2 579 (+15 %) | 499 000 $ (+15 %) | 330 000 $ (+5 %) | 487 550 $ (−1 %) |
| Laurentides | 836 (−2 %) | 5 064 (+17 %) | 584 000 $ (+6 %) | 365 000 $ (−5 %) | 675 000 $ (+12 %) |
| Montérégie | 1 327 (−10 %) | 6 930 (+21 %) | 590 000 $ (+3 %) | 400 000 $ (+4 %) | 666 000 $ (+15 %) |
| Montréal | 1 198 (−16 %) | 10 493 (+15 %) | 817 500 $ (+7 %) | 480 000 $ (+2 %) | 910 000 $ (+9 %) |
Les pourcentages indiquent la variation par rapport à juillet 2025. Les prix sont des prix médians.
Estrie : l'activité accélère
L'Estrie se démarque nettement. La région enregistre 526 ventes résidentielles en juillet, une hausse de 16 % sur un an, et un volume de ventes de 301 M$, en progression de 30 %. L'offre augmente elle aussi, mais la demande demeure suffisamment présente pour soutenir l'activité.
L'unifamiliale mène le mouvement avec 411 ventes (+16 %) et un prix médian de 499 000 $ (+15 %). Le délai moyen est de 41 jours, soit deux jours de moins qu'en juillet 2025. Dans la gamme la plus élevée du rapport, soit 740 000 $ et plus, 94 maisons ont été vendues, une progression de 49 %.
Les conditions varient toutefois à l'intérieur de la région. Les ratios de surchauffe de l'unifamiliale atteignent 80 % à Coaticook et 77 % à Sherbrooke. Dans ces secteurs, les propriétés bien positionnées peuvent encore susciter une concurrence soutenue.
L'Estrie combine croissance des ventes et progression des prix, y compris dans la gamme supérieure. Une stratégie de vente peut y être ambitieuse, mais elle doit rester ancrée dans la municipalité, l'état de la propriété et son caractère distinctif.
Laurentides : un marché divisé selon le type de propriété
Les Laurentides comptent 836 ventes en juillet, un recul limité de 2 %, pendant que les inscriptions en vigueur progressent de 17 %. Cette moyenne régionale masque un écart important entre les catégories.
Les ventes d'unifamiliales augmentent de 8 %, avec un prix médian de 584 000 $ (+6 %). À l'inverse, les ventes de copropriétés diminuent de 29 % et celles de plex de 34 %. Le prix médian des copropriétés recule de 5 % à 365 000 $, tandis que celui des plex augmente de 12 % à 675 000 $ malgré le faible nombre de transactions.
Dans la plus haute gamme unifamiliale du rapport, soit 870 000 $ et plus, 111 ventes sont enregistrées, une hausse de 6 %. La demande pour des maisons de qualité demeure donc présente, mais elle n'efface pas le ralentissement observé dans les autres catégories.
Il n'existe pas un seul marché des Laurentides. Le secteur, l'accès, la qualité du terrain, la proximité de l'eau ou de la montagne et le niveau de finition créent des micro-marchés. Une propriété d'exception doit être comparée à ses véritables concurrentes, pas simplement à la médiane régionale.
Montérégie : davantage de choix, mais des prix encore fermes
La Montérégie affiche 1 327 ventes résidentielles en juillet, une baisse de 10 %, et 6 930 inscriptions en vigueur, une hausse de 21 %. C'est la progression de l'offre la plus marquée parmi les quatre régions analysées.
Les prix médians continuent pourtant de monter : 590 000 $ pour l'unifamiliale (+3 %), 400 000 $ pour la copropriété (+4 %) et 666 000 $ pour les plex (+15 %). Du côté des copropriétés, le délai moyen atteint 50 jours, soit 13 jours de plus qu'un an auparavant. Les acheteurs disposent donc généralement de plus de temps, même si les prix affichés demeurent soutenus.
Dans la gamme unifamiliale de 880 000 $ et plus, 137 ventes sont conclues, un recul de 17 %. Cette partie du marché demande une mise en marché plus précise, particulièrement lorsque plusieurs propriétés comparables sont offertes simultanément.
En Montérégie, la première impression donnée par le prix et la présentation compte davantage qu'auparavant. Les propriétés uniques conservent un avantage, tandis que les biens plus facilement comparables doivent être positionnés avec discipline dès leur arrivée sur le marché.
Montréal : le ralentissement se concentre dans la copropriété
Montréal enregistre 1 198 ventes en juillet, une diminution de 16 %, tandis que les inscriptions en vigueur atteignent 10 493, en hausse de 15 %. Les prix médians progressent néanmoins dans les trois grandes catégories : 817 500 $ pour l'unifamiliale (+7 %), 480 000 $ pour la copropriété (+2 %) et 910 000 $ pour les plex (+9 %).
La copropriété illustre le mieux le changement de rythme. Les ventes reculent de 22 %, l'offre augmente de 17 % et le délai moyen passe à 60 jours, soit sept jours de plus qu'en juillet 2025. Les acheteurs ont davantage de choix et peuvent comparer plus attentivement les frais de copropriété, la gestion de l'immeuble, les travaux à venir et la qualité de l'unité.
L'unifamiliale se montre plus résistante, avec 387 ventes (−5 %), malgré sa rareté structurelle sur l'île. Les propriétés très bien situées ou remarquables ne suivent pas toujours la tendance générale, mais leur prix doit tout de même être défendable au regard des ventes récentes.
Montréal demeure un marché où la qualité et l'emplacement créent des écarts considérables. Pour les copropriétés, l'augmentation de l'offre renforce le pouvoir de comparaison des acheteurs. Pour les maisons distinctives, une présentation et une diffusion à la hauteur du bien restent déterminantes.
Ce que juillet 2026 signifie pour les vendeurs
- L'augmentation de l'offre rend la comparaison plus immédiate pour les acheteurs.
- Un prix trop ambitieux risque de prolonger la mise en marché, surtout dans les segments où les ventes reculent.
- La médiane régionale ne remplace pas une analyse de propriétés comparables dans le même secteur et la même gamme.
- Les biens rares, bien préparés et correctement positionnés continuent de se distinguer.
Ce que juillet 2026 signifie pour les acheteurs
- Le choix s'améliore dans les quatre régions.
- Le ralentissement des ventes crée davantage de temps pour analyser certains dossiers, particulièrement les copropriétés à Montréal et en Montérégie.
- Les secteurs en surchauffe et les propriétés exceptionnelles peuvent encore générer de la concurrence.
- Une vérification complète du bâtiment, de la copropriété, du terrain et du contexte municipal reste plus importante qu'une moyenne régionale.
Un marché du prestige résolument local
Dans la plus haute gamme unifamiliale définie par chaque rapport, les ventes progressent fortement en Estrie, augmentent légèrement dans les Laurentides et reculent en Montérégie comme à Montréal. Les seuils étant différents d'une région à l'autre, ces variations ne constituent pas une comparaison de prix directe. Elles rappellent surtout que le marché haut de gamme est composé de micro-marchés.
Une maison riveraine, un domaine, une propriété patrimoniale, une résidence de montagne et un penthouse ne répondent pas aux mêmes acheteurs ni aux mêmes facteurs de valeur. C'est pourquoi notre lecture part toujours de la propriété elle-même, puis du secteur et de la demande qui lui correspond.
Nos propriétés dans ces régions
Du terrain riverain au penthouse du Vieux-Montréal, chaque propriété que nous représentons dispose de son propre site dédié.
Méthodologie et source
Cette analyse repose sur une sélection d'indicateurs de juillet 2026 produits par l'Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec à partir du système Centris. Les variations sont calculées par rapport à juillet 2025, sauf indication contraire.
Le prix médian sépare les transactions en deux groupes égaux; il ne représente pas la valeur d'une propriété particulière. Les résultats doivent être interprétés avec prudence lorsque le nombre de transactions est faible. Les chiffres présentés ont été arrondis conformément aux rapports sources.
Source des données : APCIQ, système Centris. Analyse et interprétation : Équipe Vincent Chaput.