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Analyse · Octobre 2026
Marché immobilier en octobre 2026 : les ventes décrochent, l'unifamiliale tient ses prix
Quatrième mois de suite où l'offre progresse dans les quatre régions — de 12 % à Montréal à 27 % en Montérégie — mais la hausse cesse de s'accélérer. Les ventes, elles, reculent nettement partout, de 13 % dans les Laurentides à 19 % à Montréal, et le volume en dollars suit. Malgré cela, les prix médians de l'unifamiliale montent dans trois régions sur quatre; seule Montréal recule. La copropriété s'ajuste par les délais, et le haut de gamme résiste mieux que l'ensemble du marché.
Vincent ChaputCourtier immobilier et vice-président principal des ventes
Publié le 6 novembre 2026 · Mis à jour le 6 novembre 2026
Le marché en un coup d'œil
Octobre marque un changement de rythme. Les inscriptions en vigueur progressent encore — de 16 % en Estrie, de 19 % dans les Laurentides, de 27 % en Montérégie et de 12 % à Montréal par rapport à octobre 2025 — mais ces hausses n'accélèrent plus : elles sont comparables à celles de septembre, et même inférieures à Montréal et en Montérégie. Les nouvelles inscriptions, elles, stagnent ou diminuent dans les quatre régions. L'offre ne grossit plus parce que les vendeurs affluent; elle grossit parce que les ventes ralentissent.
Et elles ralentissent fortement : −15 % en Estrie, −13 % dans les Laurentides, −16 % en Montérégie, −19 % à Montréal. En septembre, le recul allait de 1 % à 14 %. Pourtant, les prix médians de l'unifamiliale montent de 2 % en Estrie et en Montérégie et de 4 % dans les Laurentides; Montréal, avec −5 %, fait exception. L'écart entre des ventes en chute et des prix qui tiennent est le fait marquant du mois. Pour un vendeur, il signifie que les acheteurs sont moins nombreux, mais qu'ils paient encore le prix d'une propriété bien positionnée. Pour un acheteur, il signifie que le choix s'élargit sans que les prix cèdent.
| Région | Ventes totales | Inscriptions en vigueur | Unifamiliale | Copropriété | Plex |
|---|---|---|---|---|---|
| Estrie | 462 (−15 %) | 2 771 (+16 %) | 480 000 $ (+2 %) | 331 125 $ (−6 %) | 510 000 $ (+16 %) |
| Laurentides | 824 (−13 %) | 5 596 (+19 %) | 565 500 $ (+4 %) | 378 000 $ (−1 %) | 685 000 $ (+10 %) |
| Montérégie | 1 323 (−16 %) | 7 702 (+27 %) | 585 500 $ (+2 %) | 390 000 $ (+1 %) | 690 000 $ (−5 %) |
| Montréal | 1 199 (−19 %) | 11 176 (+12 %) | 782 500 $ (−5 %) | 497 500 $ (+2 %) | 890 000 $ (−1 %) |
Les pourcentages indiquent la variation par rapport à octobre 2025. Les prix sont des prix médians.
Estrie : moins de ventes, mais un haut de gamme qui accélère
L'Estrie enregistre 462 ventes résidentielles en octobre, un recul de 15 %, et un volume de ventes de 275 M$, en baisse de 9 %. Après le plafonnement de septembre, le recul est cette fois net. Les inscriptions en vigueur atteignent 2 771, en hausse de 16 %.
L'unifamiliale compte 361 ventes (−15 %), mais son prix médian monte à 480 000 $ (+2 %) et son délai moyen descend à 48 jours, quatre de moins qu'il y a un an. Le contraste vient du haut de gamme : dans la gamme de 720 000 $ et plus, 89 maisons se sont vendues, une hausse de 17 %, avec un délai moyen de 64 jours — trente-huit de moins qu'en octobre 2025. Coaticook et Sherbrooke affichent des ratios de surchauffe de 75 %, La Haute-Yamaska de 71 %. Memphrémagog, avec une médiane de 715 000 $, reste le secteur le plus cher de la région.
La copropriété continue de décrocher : 46 ventes (−26 %), prix médian de 331 125 $ (−6 %), délai moyen de 69 jours, huit de plus qu'il y a un an. Les plex font le chemin inverse : 47 ventes (−10 %), mais un prix médian de 510 000 $, en hausse de 16 %, sur un délai de 39 jours.
En Estrie, le marché se resserre par le bas et s'anime par le haut. La maison de 720 000 $ et plus se vend plus souvent et beaucoup plus vite qu'il y a un an, dans des secteurs — Sherbrooke, Coaticook, Haute-Yamaska — encore en surchauffe. Pour un vendeur de copropriété, le prix d'appel doit intégrer une médiane en baisse de 6 % et un délai qui dépasse désormais deux mois.
Laurentides : les prix montent le plus, la copropriété attend le plus
Les Laurentides comptent 824 ventes en octobre, un recul de 13 %, pendant que les inscriptions en vigueur grimpent de 19 %, à 5 596. Le volume de ventes atteint 510 M$, en baisse de 5 % — le repli le plus modéré des quatre régions.
L'unifamiliale affiche la plus forte progression de prix des quatre régions : 623 ventes (−11 %), prix médian de 565 500 $ (+4 %), délai moyen de 47 jours. La gamme de 840 000 $ et plus compte 104 ventes, en hausse de 12 %, avec un délai moyen de 67 jours. Thérèse-De Blainville garde la médiane la plus élevée de la région, à 700 000 $, et le ratio de surchauffe le plus fort, à 68 %; Mirabel suit à 656 000 $.
La copropriété se replie nettement : 125 ventes (−22 %), prix médian de 378 000 $ (−1 %) et un délai moyen de 74 jours, vingt de plus qu'il y a un an. Les plex surprennent : 75 ventes (−11 %), mais un prix médian de 685 000 $ (+10 %) et un délai moyen de 30 jours, trente-quatre de moins qu'en octobre 2025.
Les Laurentides confirment le partage observé depuis l'été. La maison de qualité, dans la couronne nord comme en villégiature, se vend à un prix supérieur à l'an dernier, et le haut de gamme y progresse. La copropriété, elle, demande maintenant deux mois et demi, et un prix d'appel qui tienne compte des 17 % d'inscriptions supplémentaires.
Montérégie : 27 % d'offre en plus, des délais encore courts
La Montérégie affiche 1 323 ventes résidentielles en octobre, une baisse de 16 %, et 7 702 inscriptions en vigueur, une hausse de 27 % — pour un quatrième mois consécutif, la progression de l'offre la plus forte des quatre régions. Le volume de ventes recule de 15 %, à 794 M$.
Les prix médians progressent ou tiennent : 585 500 $ pour l'unifamiliale (+2 %), 390 000 $ pour la copropriété (+1 %), et 690 000 $ pour les plex (−5 %). L'unifamiliale compte 915 ventes (−15 %) et un délai moyen de 39 jours, toujours le plus court des quatre régions. Dans la gamme de 880 000 $ et plus, 129 ventes sont conclues (−16 %) avec un délai de 55 jours, stable sur un an. Acton atteint un ratio de surchauffe de 79 %; La Vallée-du-Richelieu et Longueuil affichent 67 %, et Longueuil conserve la médiane la plus élevée de la région, à 670 000 $.
La copropriété s'ajuste par les délais : 300 ventes (−23 %), 2 125 inscriptions en vigueur (+36 %) et un délai moyen de 51 jours, huit de plus qu'en octobre 2025. Les plex résistent par le nombre — 103 ventes, un recul de 4 % seulement — malgré 38 % d'inscriptions supplémentaires.
Avec plus du quart d'inscriptions en plus et 16 % de ventes en moins, la Montérégie est le marché où le rapport de force s'est le plus déplacé en un an. Et pourtant, la maison bien positionnée s'y vend encore en moins de six semaines, à un prix légèrement supérieur. La différence se joue avant la mise en marché : une propriété préparée et juste de prix sort du lot; les autres s'ajoutent aux 7 700 inscriptions.
Montréal : le recul le plus marqué, mais un haut de gamme qui se vend en 52 jours
Montréal enregistre 1 199 ventes en octobre, une diminution de 19 %, la plus forte des quatre régions. Les inscriptions en vigueur atteignent 11 176, en hausse de 12 %, et le volume de ventes recule de 22 %, à 921 M$. Les prix médians divergent : 782 500 $ pour l'unifamiliale (−5 %), 497 500 $ pour la copropriété (+2 %), 890 000 $ pour les plex (−1 %).
L'unifamiliale compte 360 ventes (−15 %), mais son délai moyen tombe à 42 jours, douze de moins qu'il y a un an. Dans la gamme de 1 170 000 $ et plus, 95 ventes sont conclues (−12 %) avec un délai moyen de 52 jours — quarante-neuf de moins qu'en octobre 2025. Le recul de la médiane traduit en partie un déplacement des ventes vers les gammes inférieures plutôt qu'un repli du prestige : les propriétés d'exception qui trouvent preneur le font en moins de deux mois.
La copropriété, 604 ventes (−21 %) et 6 972 inscriptions (+9 %), voit son délai moyen atteindre 64 jours, sept de plus qu'il y a un an. Dans la gamme de 750 000 $ et plus, les ventes reculent de 33 %, à 93 transactions, mais en 60 jours, dix-neuf de moins. Les plex, 235 ventes (−18 %), maintiennent une médiane de 890 000 $ sur un délai stable de 52 jours.
À Montréal, octobre est le mois où le volume cède le plus et où le haut de gamme réagit le plus vite. Une maison de plus de 1,17 M$ se vend aujourd'hui en 52 jours, contre plus de trois mois l'an dernier. Les acheteurs de ce segment sont là, décident vite, et ne reviennent pas sur une propriété écartée pour son prix. Pour la copropriété, l'inverse : un stock qui approche 7 000 unités impose un prix juste dès le premier jour.
Ce qu'octobre 2026 signifie pour les vendeurs
- Les ventes reculent de 13 % à 19 % selon la région : il y a moins d'acheteurs actifs, mais ceux qui restent paient le prix d'une propriété bien positionnée — les médianes de l'unifamiliale montent dans trois régions sur quatre.
- L'unifamiliale bien positionnée se vend toujours en 39 à 48 jours selon la région; la copropriété demande maintenant de 51 à 74 jours.
- Dans le haut de gamme, les délais fondent à Montréal (−49 jours) et en Estrie (−38 jours), et les ventes progressent dans les Laurentides et en Estrie : le prestige se porte mieux que le marché général.
- Les médianes régionales ne décrivent pas votre secteur : les ratios de surchauffe varient de 47 % à 79 % d'une MRC à l'autre.
Ce qu'octobre 2026 signifie pour les acheteurs
- Le choix reste le plus large depuis trois ans, surtout en Montérégie et dans les Laurentides, et la concurrence entre acheteurs a diminué.
- La copropriété offre la plus grande marge de négociation : ventes en recul de 21 % à 26 % et délais en hausse dans les quatre régions.
- Les secteurs les plus recherchés — Acton, Coaticook, Sherbrooke, Thérèse-De Blainville — conservent un avantage au vendeur; il faut y décider vite.
- Un marché plus calme ne dispense pas de vérifier : état du bâtiment, finances de la copropriété, zonage et contexte municipal.
Un marché du prestige qui résiste mieux que l'ensemble
Dans la plus haute gamme unifamiliale définie par chaque rapport, les ventes progressent en Estrie (+17 %) et dans les Laurentides (+12 %), et reculent en Montérégie (−16 %) et à Montréal (−12 %) — dans les deux cas, moins ou autant que le marché dans son ensemble. Les seuils diffèrent d'une région à l'autre; ces variations ne se comparent donc pas directement entre elles.
Le signal commun est dans les délais : 52 jours à Montréal, quarante-neuf de moins qu'il y a un an; 64 jours en Estrie, trente-huit de moins; 55 jours en Montérégie, stables. Dans un mois où les ventes totales reculent de 13 % à 19 %, les propriétés d'exception correctement positionnées se vendent aussi souvent, ou plus, et nettement plus vite. C'est la confirmation que la rareté réelle d'une propriété — son terrain, son emplacement, sa qualité — compte davantage que le cycle de sa région.
Nos propriétés dans ces régions
Du terrain riverain au penthouse du Vieux-Montréal, chaque propriété que nous représentons dispose de son propre site dédié.
Méthodologie et source
Cette analyse repose sur une sélection d'indicateurs d'octobre 2026 produits par l'Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec à partir du système Centris. Les variations sont calculées par rapport à octobre 2025, sauf indication contraire.
Le prix médian sépare les transactions en deux groupes égaux; il ne représente pas la valeur d'une propriété particulière. Les résultats doivent être interprétés avec prudence lorsque le nombre de transactions est faible. Les chiffres présentés ont été arrondis conformément aux rapports sources.
Rapports consultés (APCIQ, « Statistiques résidentielles mensuelles », octobre 2026, données Centris, consultés le 6 novembre 2026) : RMR de Montréal; région de la Montérégie; région des Laurentides; région de l'Estrie. Les rapports régionaux sont publiés sur la page Statistiques immobilières de l'APCIQ. Périmètre : ventes résidentielles conclues dans le mois, toutes catégories (unifamiliale, copropriété, plex de 2 à 5 logements).
Source des données : APCIQ, système Centris. Analyse et interprétation : Équipe Vincent Chaput.